À l’heure où la France entière apprend le décès de l’ex-lofteuse, celle qui a ouvert la voie à toutes ces égocentriques que l’on appelle les « influenceuses » — ces femmes qui vivent la vie le bras tendu, se filmant avec le dernier téléphone à la mode, accueillies comme des stars dans les médias alors qu’elles ne brillent, la plupart du temps, ni par leur intelligence ni par leur culture, maquillées comme des voitures volées, le visage botoxé et les seins en avant sous les flashs des photographes — je voudrais ici souligner ce qui a rendu Loana si attachante : sa vérité et sa fraîcheur à sa sortie du Loft.
Magnifique, sexy, libre et émouvante, elle possédait malheureusement déjà cette fragilité à la Marilyn Monroe. Je l’ai effectivement croisée lors de différentes soirées et j’ai pu échanger avec elle, mais je n’aurai pas le mauvais goût de prétendre que je la connaissais.
Depuis l’annonce de sa mort, le bal des « faux-culs » et des voleurs de notoriété est ouvert. À peine son décès a-t-il été confirmé que l’on a vu fleurir sur les réseaux sociaux des tas d’amis de circonstance posant en photo avec elle. Mais où étaient-ils tous lorsque, épuisée et au bout du tunnel, son âme était déjà partie ? Elle est morte seule, effroyablement seule, avec ses addictions pour unique compagnie et son petit chien, dans l’indifférence totale de tous ses prétendus proches.

Les vrais amis, eux, se terrent dans leur douleur ; ils ne se pavanent pas sur les réseaux sociaux ou à la une des médias. Ses véritables amis, elle pouvait les compter sur les doigts d’une main. On ignore encore les circonstances exactes de sa mort, mais quoi que l’on apprenne, ce sont les fausses promesses d’un milieu sans parole et notre indifférence collective qui l’ont tuée.
Loana était une fleur de serre, les racines plantées dans les prémices de la télé-réalité. On l’a exposée au soleil brûlant de la notoriété et à la tempête dévastatrice des profiteurs et profiteuses qui, aujourd’hui encore, viennent se repaître sur son cadavre pour lui voler un peu de sa lumière.
J’espère que lorsqu’on la portera en terre, ils auront la décence de se taire et de ne pas s’afficher dans la presse avec des larmes de crocodile qui ne trompent personne. Les vautours cesseront alors de rôder autour de sa mémoire monnayable.
Pauvre Loana… Sa vie aura été un drame absolu jusqu’à la fin. C’est l’histoire d’une petite fille qui voulait simplement qu’on l’aime pour elle-même ; un papillon de nuit qui s’est brûlé les ailes à la lumière de la « peopolisation ».
Helena Mora
